22 octobre 2025

Par karena

Explorer le potentiel du Saint-Laurent


Le Centre de recherche sur les biotechnologies marines de Rimouski a récemment reçu une subvention de 2 millions de dollars du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie pour son fonctionnement. Portrait d’une infrastructure unique au Canada.

Extraire le collagène du concombre de mer ; identifier des souches bactériennes pour améliorer l’assainissement biologique des eaux ; produire de la bière à partir de levures indigènes qui viennent des côtes gaspésiennes. Depuis plus de 20 ans, le Centre de recherche en biotechnologie marine (CRBM) accompagne des entreprises dans la recherche et le développement de produits et de procédés issus des organismes marins.

« Le Saint-Laurent regorge de ressources marines et de micro-organismes aux propriétés vraiment intéressantes », souligne Josée N. Bouchard, codirectrice générale intérimaire et directrice innovation, recherche et développement. Plantes, algues, coraux et micro-organismes utilisent de multiples molécules pour se défendre, communiquer ou résister aux stress, molécules qu’on peut synthétiser pour en faire de multiples usages.

Un éventail de services

Fondé en 2000 par l’Association du cancer de l’Est du Québec, l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’Institut des sciences de la mer, le CRBM visait au départ à explorer le potentiel des composés marins qui auraient des bénéfices pour la santé humaine. Depuis, le centre voué à la recherche appliquée a diversifié ses activités pour englober des applications en environnement comme en cosmétique.

Le CRBM est un organisme sans but lucratif complètement autonome.

« C’est une des choses qui nous distinguent. Nous ne sommes pas affiliés à une université ou à une agence gouvernementale. » – Josée N. Bouchard, codirectrice générale intérimaire et directrice innovation, recherche et développement du CRBM

C’est aussi le seul centre francophone du genre dans tout le Canada.

Au démarrage en 2004, on comptait cinq employés ; aujourd’hui, une trentaine de personnes travaillent au CRBM sur des projets liés à la biopharmaceutique et à la biotechnologie marine. Les chercheurs du CRBM accompagnent autant les jeunes pousses en amont que les grandes entreprises qui veulent bonifier leurs procédés.

Depuis sa fondation, le CRBM a diversifié ses activités pour englober des applications en environnement comme en cosmétique.

Répondre aux besoins

Depuis une vingtaine d’années, le CRBM a donc accompagné plus de 300 entreprises. « Les entreprises viennent nous voir avec des besoins spécifiques : montages de projets et financiers, essais en laboratoire, développement de procédés, mise à l’échelle… », explique Mme Bouchard.

Le CRBM fait par ailleurs de l’accompagnement réglementaire.

« Nous avons développé une expertise grâce à notre licence d’établissement de produits pharmaceutiques de Santé Canada, et à notre accréditation du Conseil canadien des normes pour les désinfectants. » – Josée N. Bouchard, codirectrice générale intérimaire et directrice innovation, recherche et développement du CRBM

Parmi ses projets phares, le CRBM a accompagné des acteurs importants de l’industrie laitière pour mieux valoriser les sous-produits de la fabrication de yogourt et de fromage, vendus à perte en raison de leur surabondance. Si du lactose est ajouté aux microalgues*, la biomasse ainsi transformée pourrait servir de biocarburant pour le transport maritime. « Nous devons trouver des façons de valoriser les ressources de façon durable », croit Mme Bouchard.

Même s’il reste beaucoup à faire pour développer cette filière, la province est en bonne position. « Je crois que le Québec doit se tourner vers les ressources maritimes, qui contiennent des molécules ayant des potentiels incroyables pour la santé. C’est l’avenir », affirme-t-elle.

Source : La Presse, 21 octobre 2025


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